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lundi 11 juillet 2016

À la découverte des Açores



Les vacances familiales débutent plus tôt que les autres années et nous retrouvons Sothis, le 17 juin. Nous, c’est bien sûr Dominique et moi-même, j’ai déjà eu l’occasion de dire que nos enfants ont tout autre chose à faire… 

Juin - juillet 2016

Nous souhaitons visiter l’archipel des Açores et ramener, ensuite, le bateau en Angleterre dans le courant du mois de juillet. Les pilotcharts sont formelles, les probabilités de dépressions augmentent en août et plus encore, en septembre.

L’avion nous amène de Bruxelles à Ponta Delgada et après une bonne nuit à l’hôtel, nous prenons, à la pointe de l’aube, le petit avion qui nous amène à Santa Maria.

Le génois est réparé, Ricardo, le patron du chantier, l’a récupéré et nous le remercions de son service impeccable. Je comprends pourquoi beaucoup de plaisanciers conseillent d’hiverner son bateau à terre dans l’île de Santa Maria. C’est une bonne option.

Nous commencerons nos vacances refaisant la très belle promenade qui part du port et longe la côte jusqu’à Baia Da Praia. Nous terminerons par un déjeuner à l’unique restaurant local : une grosse faute de goût baignant dans la graisse…

Et c’est le 20 juin que nous partons notre première étape qui nous amène, après 56 milles, à Ponta Delgada. Traversée très tranquille dont la moitié se fera sous un soleil écrasant et un calme plat absolu.

Ponta Delgada

Nous ne souhaitons pas rester à Ponta Delgada, car nous y terminerons les vacances, mais le vent est contraire. Cela nous permettra de bien visiter la ville et de prendre un taxi pour nous amener à une grande randonnée autour des lacs de Sete Citades. Il y en a deux et ils sont reliés par une toute petite bande de terre. La légende raconte qu’ils ont été créés par les larmes d’une princesse et d’un berger qui très amoureux furent obligés de se séparer sur l’ordre du roi ; car on sait bien que les bergers ne peuvent pas épouser les princesses.

Le 23 juin, l’anticyclone s’est un peu déplacé et nous permet de rejoindre Terceira avec un long bord de près avec une vingtaine de nœuds. Les distances sont assez grandes entre les trois groupes d’îles des Açores. Mais à cette allure Sothis va vite et il nous faudra 15 heures pour faire les 96 milles qui nous séparent d’ Angra do Heroismo. L’arrivée sera superbe avec un magnifique coucher de soleil.

Arrivée à Angra do Heroismo

Le port est complet et on nous installe sur le ponton d’accueil qui est exposé à une belle boule. Autant nous y faire tout de suite, nous avons rencontré cette boule dans tous les ports des Açores. Il faut prévoir des amarres bien élastiques et des amortisseurs.
Nous voilà dans une très belle ville et nous allons y rester quatre jours. Programme habituel :  visite de la ville et longues randonnées. Décidément ces paysages nous plaisent !

Angra do Heroismo

Déjeuner au restaurant 'pirate' avec vue sur le port


Les locations de voitures sont très chères et nous allons payer de l’ordre de 75 € pour louer une smart pendant une journée. C’est presque le prix de location d’une semaine aux Canaries. Mais la randonée sur la partie W de l'île vaut le détour.



Vue sur Sao Jorge


L’île de Sao Jorge n’est pas très éloignée ; nous aurons l’occasion de voir une baleine qui souffle, mais comme elle est déjà entourée de deux bateaux de touristes, nous continuons notre route. La côte est de l’île est très élevée avec de nombreuses cascades d’eau qui tombent dans la mer. Quand on voit l’ingéniosité dont il fallait faire preuve aux Canaries pour récolter l’eau, on comprend qu’ici ce n’est pas un problème.



Le petit port de Velas est à l’autre bout de l’île et il n’est pas certain d’y trouver de la place. C’est donc avec une appréhension que je m’approche, prêt à mouiller, mais nous serons accueillis, comme tous les autres visiteurs, les bras ouverts par le chef de port qui nous installe le long du quai d’accueil. Et dès le lendemain, il nous proposera une place au fond du port. 

Velas


L’environnement est paradisiaque, c’est le plus bel endroit que nous aurons l’occasion de visiter aux Açores. Une magnifique falaise pleine d’arbres et de verdure s’élève à 50 m du bateau et elle est habitée par des milliers d’oiseaux, dont des puffins cendrés. Ces derniers ont des cris tout à fait particuliers, on dirait que ce sont des bébés qui pleurent. Ils commencent à s’exprimer à la tombée du jour pendant deux ou trois heures. Voici un lien avec leurs cris... http://www.dailymotion.com/video/xixfhq_puffin_animals


Le jardin est juste derrière la terrasse

Nous aurons l’occasion de faire une randonnée sur la côte Nord, mais par un temps très couvert et pluvieux. Les paysages n’en restent pas moins magnifiques.





Côte nord de Sao Jorge












Au retour, notre taxiwoman nous proposera de visiter l’usine de fromage et s’arrêtera pour nous proposer des points de vue magnifiques sur son île et sur le port.

Nous ferons encore une dernière randonnée dans le cratère du volcan au bout de la ville.







Enfin, c'est presque avec regret que nous décidons de larguer les amarres pour Horta. Après toutes mes lectures ces 50 dernières années, arriver à Horta est un rêve, un fantasme !


Arrivée à Horta

Et bien, nous n’avons pas fort aimé.

Bien sûr, le port est sale et plein à craquer. On commence par de très longues formalités, car il y a, comme à Ponta Delgada, tous ces fonctionnaires qu’il faut occuper (douane, police, immigration) et qui vous font remplir des papiers prévus pour les paquebots, qu’ils photocopient et classent en plusieurs exemplaires …


Horta


Ensuite, on nous propose un amarrage à couple d’un bateau américain, sur le mur extérieur de la marina. En l’absence des propriétaires, je m’amarre consciencieusement. À leur retour, grands commentaires, je dois bouger les amarres, ils ne sont pas d’accord que mes cordages soient posés sur leur plat-bord, cela va l’user et ils les éloignent avec des bouts de ficelle. Pour finir, je suis nettement moins bien amarré. Comme tous les pêcheurs passent trop vite, faisant des vagues, je décide de modifier une traversière pour éviter les chocs. Voici notre voisin qui sort précipitamment son bateau pour vérifier ce que je fais, en me donnant tous ses commentaires. Nous avons trouvé des Américains paranoïaques !

Pour le reste, la ville est peu intéressante, mais nous ferons quand même une randonnée agréable dans la partie ouest de l’île qui a été nettement modifiée par l’éruption d’un volcan en 1954.

L'ancien phare devenu inutile au milieu de la lave


J’aurai quand même passé 10 minutes sur un siège au café Peter dans l’espoir qu’il ait été utilisé précédemment par Moitessier, Tabarly ou un autre illustre navigateur…

C’est décidé, cette île ne nous plaît pas fort et la météo n’est pas trop mauvaise pour rejoindre Ponta Delgada. Nous quittons Horta à 9h30 (avec notre chère voisine qui nous repousse intensément en forçant sur les chandeliers, rontudjuuuu) pour arriver le lendemain à 10h15.


C’est la première fois que nous avons l’occasion de naviguer 24 heures à deux. Et nous aurons à nouveau une belle traversée au bon plein avec un vent du sud sud-est de 17 nœuds.

Les vacances se terminent doucement, mais avant l’arrivée des équipiers qui vont m’aider à faire la traversée vers l’Angleterre, nous allons faire un très grand tour de l’île. Un portugais nous a dit que c’était la plus belle, nous ne pensons pas qu’ils ont tout à fait raison, mais ils n’ont certainement pas tout à fait tort. En voici quelques images :













mercredi 25 mai 2016

Des Canaries aux Acores



Après un vol sans encombre via Jetair Fly, Paul et moi arrivons à Tazacorte, le 3 mai. Le bateau nous attend sur le quai. Avec les travaux réalisés par le chantier Nautica, Sothis a fière allure. Deux couches de peinture antisalissure et une coque parfaitement polie.



Et le travail commence : installer une antenne extérieure pour l’iridium, maintenance du moteur, remplacement des anodes et surtout profiter de la voiture pour charger 10 jours de nourriture, 5 nécessaires à la traversée, 5 de réserve en cas de problème... Mais touchons du bois.

Le temps n’est pas du tout de la partie, des masses d’air perturbées nous amènent de la pluie et le vent très fort rend la mise à l’eau particulièrement périlleuse ; nous évitons le quai en béton de très peu.
Nous consacrons le 9 mai à faire une petite sortie pour vérifier tous les éléments du gréement et du bateau : tout est en ordre et en parfait état. Nous pouvons partir !

Cependant l’anticyclone des Açores n’est pas du tout placé au bon endroit et un vent de 25 nœuds souffle du nord ouest : en plein dans le nez. Comme cela risque de durer quelques jours, notre décision est prise et, sans trop réfléchir, nous partons le 10 mai faire un tour à l’île voisine, La Gomera. Sans trop réfléchir, car on sait que cela éloigne les Acores de 65 miles... Mais comment quitter les Canaries sans aller encore vite voir La Gomera?  

Après une traversée rapide au portant par 25 nœuds  nous arrivons, à 21h30, à la marina de San Sebastian, juste à temps pour trouver, au pas de course, une pizzeria encore ouverte.

La Gomera, San Sebastian



























Les deux jours que nous y avons passés confirment, une nouvelle fois, le charme de cette île et de cette petite ville.








Mais le vent devient plus favorable, la météo s’améliore nous allons bientôt pouvoir entamer la traversée. Soucieux de raccourcir le trajet vers les Acores au maximum, nous décidons de retourner à l’île de La Palma, à la marina de Tazacorte pour préparer notre départ.

Tazacorte



























L’anticyclone vient de se positionner sur les Açores, il devrait se renforcer et y rester huit à neuf jours et nous offrir deux ou trois journées de bon plein de 15 à 20 nœuds et puis des vents variables à partir de la latitude de Madère.

Après un dernier restaurant, un verre de blanc et une bonne nuit de sommeil nous partons le 14 mai à midi. Nous saluons tous les bateaux amis, dont plusieurs désirent également se rendre aux Açores... Mais ils ont décidé d’attendre encore un peu.






Le scénario des îles Canaries est bien connu, nous partons au moteur avec un vent nul, complètement déventés par l’île mais nous savons que nous aurons un vent beaucoup plus fort dès que nous aurons passé le nord de l’île. Nous y arrivons prudemment, avec le génois et la grand-voile bien roulés, mais alors que je m’attendais à 30 nœuds, nous nous retrouvons dans un vent de 38 nœuds, tellement fort qu’il devient très difficile de réduire le génois… et toute la bande UV se déchire au niveau du nerf de chute… Rontudjuuu !!

On vient de partir et déjà  Sothis est blessé… et il reste plus de six cent mille à faire.

Deuxième étonnement, je pensais que le vent allait progressivement diminuer en nous éloignant de l’île, mais il n’en est rien. Nous allons passer tout le reste de la journée au bon plein, dans des vents de 28 à 30 nœuds. Au cours de la nuit, il va progressivement mollir et varier entre 22 et 28 nœuds. Nous sommes passés sous trinquette et avec ce vent, Sothis va très vite : nous réalisons exactement entre 153 et 155 milles, les trois premières  24 heures et, comme toujours, en réduisant plus que nécessaire: si tu veux aller loin, ménage ta monture...

Et encore un changement de voile ....


Même scénario que les autres traversées pour la première journée, le mal de mer n’est pas très loin, la mer forte rend le bateau très inconfortable et nous mangeons à peine. Nous aurons de la chance car le vent va se calmer juste pendant l’heure du midi des deux jours suivants.

L’iridium, qui fonctionne parfaitement et nous permet de télécharger les cartes météo ainsi que les fichiers grib, nous l’a confirmé, nous arrivons à proximité de l’anticyclone. Le baromètre nous le disait aussi. Le vent diminue et s’établit aux environs de 15 nœuds c’est-à-dire très peu pour la grand-voile et la trinquette. Nous décidons de remettre le génois et après analyse, nous estimons qu’il devrait tenir si on ne tire pas trop dessus. Inch' Allah!































Le dernier jour se passera ainsi dans des variations de vent régulières, nous obligeant à faire des changements de voile incessants en passant à la trinquette à chaque augmentation au-delà de 18 nœuds, pour préserver le génois. Pfff, le capitaine est épuisé et commence à rêver d’un bateau avec des enrouleurs et des winchs électriques.


Un thon de 8 kg viendra égailler notre quotidien gastronomique. Paul sera intransigeant: Le pêcheur pêche le poisson, mais c'est le cuisinier qui le découpe... Ce sera très vite fait et suivi d'un gueuleton préparé par Paul qui décidément se débrouille bien en cuisine.


Et enfin, après une petite partie au moteur, nous arriverons à Santa Maria le 19, à 1h30 du matin. Nous avons ainsi réalisé une traversée de 645 miles en 109 heures à une moyenne de  5,9 nœuds.

Yacht Club de Vilo Do Porto



























Le port de Santa Maria est  très agréable. Accueil excellent et une charmante petite ville au dessus de la colline. Ce qui frappe, en arrivant des Canaries, c'est que tout est vert. 
La pluie fréquente nous en donnera très vite la raison. Les dépressions reviennent vite et nous allons y rester bloqués une semaine. La visite de l'île vaut la peine, il y a de nombreux chemins de randonnée et en cherchant un peu, nous avons trouvé un restaurant très sympa...
Le génois a été envoyé à Ponta Delgada chez Velame qui nous a promis de le réparer dans les délais.. On verra.






























Il n'y a plus qu'à rejoindre Ponta Delgada avec le petit avion local (Sata) et ensuite Bruxelles.

La suite du projet est de visiter les Acores du 17 juin au 8 juillet et ensuite rejoindre les îles Scilly. Enfin un retour vers la côte belge et un hivernage au Bruxelles Royal Yacht Club.

Juin, juillet et août 2016