mercredi 27 juillet 2011

De Brest à Pornichet


Qui voit Ouessant voit son sang ;
Qui voit Molène voit sa peine ;
Qui voit Groix voit sa croix.

Ces dictons ont plus à Didrik qui m’accompagne cette semaine car pour nous, ils ont été assez justes…

Météo bien maussade pour la semaine. Inutile de se presser de quitter la Belgique le vendredi après-midi, la météo prévoit un vent d’ouest à 7 bf. Nous partirons donc le samedi. Quelques embouteillages de week-end et nous arrivons le soir à Brest sous le vent et la pluie. Le lendemain encore : Pluie et vent d'ouest à sept : Mais qu'est-ce qu'on est venu faire ici ? Froid, mouillés, on revendrait bien le voilier !

Tant pis on partira lundi. Et le lundi, pas beaucoup mieux, mais nous quittons Brest avec ce vent d'ouest un peu moins fort et nous louvoyons dans la baie de Brest, puis en route à travers les cailloux vers Morgat. Le mal de mer règne !
Heureusement, Morgat nous accueille avec un peu de soleil et nous nous ancrons devant le port. La météo annonce que le vent d'ouest devrait passer au nord-ouest. Ces 45 degrés font toute la différence car si le vent reste à l’ouest, nous devrions louvoyer pour arriver au ras de Sein où nous devons passer à 7 h 20 avec la renverse du courant. Après une courte nuit, nous partons à 4 h 30 et nous avons enfin un peu de chance, nous arriverons au passage en un bord, avec une vitesse de six à sept nœuds. Sein nous accueille avec le jour qui se lève et de belles images.



Après le ras le vent arrière se renforce de nouveau à six bf avec une belle houle et nous continuons sous génois seul à sept nœuds. Nous avions prévu de nous arrêter à Bénodet, mais au passage de la pointe de Penmarch nous décidons de profiter du vent et de continuer notre route et c’est après 80 milles, vers 18 heures que nous tentons de nous amarrer dans le petit port Trudy de l’ile de Groix avec un 6 six beauforts bien tassé. Ajoutez plusieurs voiliers qui tournent, un ferry qui rentre et un ponton trop petit et cela donne une manœuvre très difficile. Heureusement, l’équipier réussi très rapidement ses nœuds de chaises et immobilise efficacement le bateau. Depuis le bar du port, nous regarderons avec intérêt les difficultés des autres voiliers qui rentrent après nous. Nous apprendrons ensuite, à la capitainerie que notre voisin a connu les mêmes difficultés et qu’il nous est bien rentré dedans, mais qu’après avoir regardé ils n'ont pas constaté de dégâts sur notre bateau. Rontudjuuu !

Bon, un petit homard, une bonne nuit et demain, nous ferons le tour de l’île à vélo. Mais le lendemain, nous retrouvons à nouveau ce temps de novembre, froid, avec un crachin intense et une visibilité presque nulle. Tant pis pour le vélo ce sera pour une autre fois.

À travers le choix d'escales possibles, Didrik choisi La Trinité. Et c'est parti, avec un vent qui se renforce, encore une fois, 5 à 6, une visibilité qui s'améliore, et pour finir un long bord à plus de 8 nœuds constants. Nous rattrapons un voilier hollandais de la même longueur bien affuté, avec de belles voiles laminées. Au port, il viendra nous voir avec son épouse : « c'est vous qui vous suiviez ? » Et oui ! Étonné le hollandais car il n’a pas l’habitude qu’un voilier de sa taille aille plus vite que lui : Confirmation que le Bavaria 42 Cruiser va très vite.


Visite de la ville et dîner dans un restaurant très bien classé par le guide Michelin et offert par l’équipier sans rancune pour la météo !

La dernière étape, enfin, nous amène à Pornichet, où Didrik part vers d'autres aventures. Amarrez vous à couple de Pen Duick nous dit le chef de port. ‘Pen Duick ? Le vrai Pen Duick ?’ ‘Oui, oui, Pen Duick III !’



Nous aurons parcouru 170 milles en quatre jours de navigation : C'est beaucoup, c'est même peut-être trop ! Mais la météo a été vraiment contraire durant toutes les étapes depuis Morlaix jusqu'à Groix.

samedi 9 juillet 2011

Nieuport Brest

C'est le 23 juin, en fin d'après midi que Jacques et moi montons à bord, pour le grand départ vers Brest qui devrait être atteint deux semaines plus tard. Monter à bord veut dire escalader l'échelle, car il y a un peu de retard, Sothis est encore sur le quai. Il reste aussi à remonter l'hélice et ses pales repliables.


Et bien sûr, c'est moins simple que prévu: Un axe résiste et refuse de se mettre en place, malgré la graisse et les efforts. Vers 8 heures du soir, après trois heures de travail, l'inquiétude commence à poindre, il faut du matériel spécial pour rectifier le troisième et dernier axe, le voilier ne sera pas prêt pour la mise à l'eau du lendemain à 8 heures et c'est une partie du programme de navigation qui va être remise en question.
Le secours viendra d'un inconnu,  Philippe qui passe devant le voilier en plaisantant avec un ami. Je l'aborde et il m'aide directement par ses conseils et ensuite par le prêt d'un étau et de deux limes. Encore une heure de travail et tout est en ordre. La voile est faite aussi de ces moments d'entraide et de fraternité.
Merci Philippe!



Et le lendemain tout est prêt pour un départ vers 13 heures. Météo SW 4, dans le nez, il est temps de voir ce que ce voilier a dans le ventre. Le vent va monter progressivement bien au-delà des 4 BF et nous aurons, à la fin, une brise de 33 nœuds apparent.  Et à chaque virement de bord, nous aurons à rouler progressivement une fois le foc, une fois la grand-voile. Vitesse: Entre 5,5 et 7 nœuds au près avec un cap très respectable. Pas mal! En ce qui me concerne, heureux de faire un peu de sport, je me suis occupé de tous les réglages de voile et c'est assez courbaturé que nous sommes rentrés à Dunkerque.

Une mauvaise météo nous y a bloqués un jour sous la pluie. Nous en avons profité pour visiter la ville (bof) et un trois-mats Norvégien.



Le lendemain, une fenêtre météo nous propose d'atteindre Cherbourg au travers. Départ.
Le vent est faible et c'est au moteur que nous passons une régate devant l'industrie de Dunkerque et ses fumées.



Un peu avant Calais, la brume tombe et nous offre une visibilité de moins de 100 mètres. Juste devant un des plus grands ports de ferry... L'AIS nous indique qu'ils continuent imperturbablement à entrer et sortir du port à plus de 16 noeuds. Nous nous réfugions hors de la passe, sur les faibles profondeurs des bancs de sable et nous entendons leurs moteurs passer tout près de nous. Le radar nous indique encore plusieurs échos, bouées, voiliers, pécheurs, ..., dont une vedette à moteur qui émergera tout près de nous et c'est ensemble que nous profiterons d'une accalmie de ferry pour entrer dans le port en découvrant, au dernier moment, la jetée et les pécheurs à la ligne qui nous font signe de s'éloigner de leur fils.
Ouf, merci à l'électronique, carte, gps, radar et à l'AIS, qui est déjà bien amorti... Je déteste le brouillard.

Nous ressortons de Calais dès que la corne de brume du port s’arrête:  Appel VHF au port et autorisation de sortir juste après un ferry qui rentre et deux autres qui sortent...


Après un dîner devant le cap Gris-Nez, le vent nous permettra de passer une nuit à la voile, de profiter du spi dans le petit matin et c'est à 22:30, après un magnifique coucher de soleil, que nous pourrons nous amarrer à Cherbourg.




Le convoyage est terminé, les vacances commencent!



Le lendemain, départ à 7 heures pour la traversée vers Aurigny où nous resterons deux jours en faisant le tour de l'île à vélo. C'est la deuxième fois que je prends un coffre protégé par le long mur de ce port et il nous semble à chaque fois que le temps s'arrête sur cette île; la nature est exceptionnelle et les gens très accueillants.




Un grand rocher d'Aurigny permet aux fous de Bassan de se reproduire à l'écart des gêneurs.





C'est à Guernsey que nous embarquons Paul pour repartir le lendemain vers Sarq. C'est une île qui fonctionne politiquement comme au moyen-âge. Elle est de toute beauté et nous passerons une bonne  nuit au mouillage.




Retour ensuite sur la côte Française sous spi avec la remontée de la rivière Tréguier.


Mais avant d'entrer dans la rivière, il faudra la mériter en se battant trois heures contre un courant de vives eaux contraire. 22 heures, les amarres à peine fixées, l'équipage ira au pas de course vers le premier restaurant où nous aurons la chance de profiter d'un excellent repas bien arrosé. Le restaurant, heureusement, était placé à 150 mètre du bateau.
Nous resterons à Tréguier toute la journée du lendemain, achat de vivre, nettoyage, bricolage, sieste.


Puis ce sera 40 miles et la remontée de la rivière qui mène à Morlaix. Elle assèche complètement à marée basse et il nous faudra attendre quelques heures au mouillage que la marée soit assez haute pour que l'on puisse passer. Impression bizarre de voir sur la carte que l'on navigue sur la terre ferme...


Calcul arrosé de la hauteur d'eau ... ?

Nouveau changement d'équipage avec le départ de Paul et l'arrivée de Manu qui nous amène aussi une belle dépression, du vent de SW et de la pluie. Ambiance de mois de novembre, pas de photos de Morlaix.

L'étape suivante sera l' Aber-Wrac'h après un long louvoyage sous force 5 et une prise de coffre pour passer une nuit tranquille malgré les rafales de vent.


Notre antenne WIFI amplifiée nous permet de découvrir la météo du lendemain ... Force 5 à 7 avec rafales 8 et pas mieux pour les jours suivants...
Jacques doit aimer cela car il finira par nous convaincre "qu'on a pas le choix et qu'il faut y aller".  Il est vrai que nous commençons à bien connaître et maîtriser le bateau.
Et nous l'aurons notre vent, avec un louvoyage vers le chenal du Four avec entre 27 et 32 nds vrais et une longue rafale à 39 nds au passage d'un grain dans le chenal.
C'est un peu après que nous croiserons la Recouvrance.

Une demi-grand-voile et un foc bien roulé; Ca souffle!



Le cap Finistère est en vue

Et enfin avec un long bord de portant vers Brest, nous battrons notre record de vitesse avec 9,8 noeuds. On pourra sans doute faire mieux, nous étions un peu sous voilés.

Nous terminerons le séjour par une visite du musée de la marine avant un retour d'une semaine à Bruxelles.

Les conclusions:
Plus aucune inquiétude concernant ce Bavaria 42 cruiser qui s'est montré excellent, au port et en mer. Son accastillage et la solidité de sa conception n'ont jamais été pris en défaut. Il inspire confiance et comme beaucoup me l'avaient dit, il est rapide et marin. Les manœuvres de port sont faciles car le voilier est très manœuvrant. L'hélice d'étrave améliore encore l'ensemble.
Le gréement avec grand voile à enrouleur permet un réglage fin de la surface de voile.
Le réglage des voiles dans la brise demande cependant beaucoup d'efforts et laisse l'équipage fourbu. Les winches sont peut-être trop justes. Nous avions tendance à modifier le réglage des voiles à chaque petit changement de vent, et vite, comme en régate; il faudra peut-être s'habituer à se ménager en le faisant plus doucement. Après notre expérience de plusieurs journées de navigation successives nous pensons aussi qu'il sera nécessaire d’insérer des journées de pause dans nos projets de navigation.

En ce qui concerne notre ancienne inquiétude concernant les volumes de rangement, trois mois de vivres non périssables sont rentrés sans problème dans les équipets et il reste de la place.

vendredi 17 juin 2011

Carénage et amélioration



La sortie de l’eau était planifiée le 31 mai. En se déplaçant vers la zone de grutage, le comportement du voilier n’était plus très précis, vitesse réduite, moteur peu puissant surtout en marche arrière.
Et effectivement, il était temps. La carène et l’hélice étaient garnies de coquillages et en plus, la quille montrait des traces de rouille à plusieurs endroits. Un bon jet d’eau sous pression a fait le plus gros du travail de nettoyage.





La rouille a été retirée à la disqueuse et la quille a été revêtue de 4 couches de produits antirouille isolants. Cela devrait tenir jusqu’à l’automne où Sothis sortira de l’eau pour toute la période d’hiver.
La carène a reçu une bonne couche d’antifouling Micron. C’est lorsque le travail a été terminé, qu’un technicien qui faisait d’autres travaux à bord, m’a dit que le revêtement ancien était du VC 17, antifouling au téflon, notoirement incompatible avec la couche de micron que je venais d’appliquer. Elle risquait donc de partir en plaques en invitant les coquillages à se réinstaller…. Coup de téléphone immédiat à l’ancien propriétaire et confirmation…         
Rontudjuu, je ne savais même pas que cela existait du VC 17! 

Contact avec les spécialistes de la société International qui ont rendu leur verdict : Cela devrait tenir. Au pire, le micron pourrait partir à quelques endroits. Il suffira alors, en automne, de poncer ces endroits, de mettre une couche de primocon et tout sera réglé. On verra !




Le voilier a en plus reçu de nouveaux équipements :
  • AIS : Détecteur des signaux émis obligatoirement par tous les navires de plus de 300 tonnes. Ces signaux indiquent leur direction, vitesse, nom et destination. La Manche est une des régions les plus fréquentées du monde et cet accessoire sera très utile pour prévenir les abordages en mer. L’ordinateur de bord (Raymarine C80) calcule directement ces données pour évaluer et signaler les risques de collision.
  • Un ampèremètre enregistreur qui va nous permettre de gérer finement les batteries et les consommations du bord.
  • Remplacement de toutes les ampoules intérieures et de navigation par des leds qui consomment 10 fois moins.
  • Un spinnaker asymétrique, un bout dehors et l’accastillage nécessaire.
  • La pose des lettres du nom Sothis et du port d’attache, Bruxelles.
  • Et enfin, le placement d’une anode sur la quille : Plusieurs techniciens m’ont dit que cela ne servait à rien, dont un qui m’expliquait des principes bien savants d’électricité et d’électrolyse.  Pourtant, sans en connaître les raisons techniques, une expérience sur mon ancien bateau, la confirmation pratique d’autres plaisanciers et celle du chantier Plaisance Diffusion au BRYC, me font croire le contraire.  Nous verrons si cela fera, à nouveau, une nette différence. Bien sûr, on ne sera jamais totalement sûr puisque j’ai modifié un autre facteur en même temps, en traitant la quille avec du produit antirouille.
    Une autre action préventive contre la rouille semble consister à ne pas laisser le câble électrique branché sur le quai lorsqu’on n’est pas en période de navigation.

Et quelques réparations dont les deux premières ont également du être faites sur le Bavaria 42 Cruiser Dartag:
  • Le remplacement de trois vannes des toilettes avant et arrière dont l'une était totalement bloquée en position ouverte.
  • Le raccourcissement du câble du pataras qui serré à fond restait relâché.
  • La pose de bandes de protection sur le génois et le remplacement de celle de la grand-voile.


Remise à l’eau le 18 juin pour un départ le 22…

Tous est réglé, tout fonctionne à bord, tout a été fait, mais de justesse !


lundi 30 mai 2011

Mai au port

Il est assez logique de penser que si on a un voilier, c'est pour naviguer au maximum...

Mais c'est sans compter avec les travaux et transformations au domicile, les obligations professionnelles de l'un, de l'autre ou des deux, les activités sociales, le mauvais temps qui tombe juste le WE libre et surtout, les examens des enfants pour lesquels la maison doit se transformer en hôtel 6 étoiles pour que les 'chers petits' n'aient rien d'autre à faire que d'étudier.
Ajoutez à cela que cette année pâques est tombé très tard et que tous les longs WE coïncident avec les examens...




Comme disait un ami, le voilier n'a pas encore tout à fait trouvé sa place dans la vie de la famille.

Sothis n'a donc plus bougé du port ...  Rontudjuu !

samedi 30 avril 2011

Vacances de Pâques


La coutume familiale veut que la famille se réunisse à Duinbergen pour les vacances de Pâques.
Cette année, pas de location d'appartement en ce qui nous concerne, mais déplacement de Sothis jusqu'à Zeebrugge. 


Toute cette période a été influencée par un anticyclone qui nous a assuré des vents d'est et de températures agréables.
Le trajet vers Zeebrugge s'est donc fait au près avec un vent qui s'est levé doucement jusqu'à 18 nœuds. Belle navigation malgré que les algues se fassent de plus en plus sentir.






Les 4 jours se passerons en faisant chaque jour un tour en mer avec la famille, les cousins, beaux frères et sœurs et belle-maman!



 
Le tout clôturé par un apéritif.



Conclusions: Nous commençons à trouver nos marques à bord et à redécouvrir la mer du Nord. Nous avons retrouvé les sensations de barrer au près.  Il faudra cependant penser au carénage !

mardi 19 avril 2011

Le projet d'été

Notre projet est de rejoindre La Rochelle. Nous allons ensuite remonter lentement et découvrir la Bretagne Sud durant les trois premières semaines d'août. Pour le retour vers la Belgique, nous envisageons un passage par les iles Scilly et une navigation le long de la côte sud de l'Angleterre et de ses nombreuses rivières. Au total nous devrions parcourir 1.300 milles en deux mois et demi.








Le convoyage de Sothis

Nous avions fixé la date depuis longtemps. Jacques et Manu, équipiers expérimentés, avaient accepté de s’inscrire sur la liste d'équipage pour faire ces quelque 300 milles de Saint Quai Portrieux à Nieuport.



Papiers, banque, administration, douane, lettre de pavillon, enregistrement VHF,... Les semaines passaient et nous laissaient loin de la navigation. Nous pouvions voir le voilier tous les jours en ouvrant le navigateur internet connecté sur la webcam du port.

Enfin, le samedi 2 avril,  après avoir mangé dans une crêperie et arrosé le repas de cidre, nous étions à bord. Déjà un air de vacances!
Nous avons consacré la journée du dimanche à découvrir le voilier, à le préparer et à y ranger tout ce que nous avions amené: Matériel, cartes, bagages, vivres, annexe, moteur,... Tout y est rentré sans problème, mais il faudra encore se rappeler l'emplacement provisoire de tous ces objets.

Mauvaise nouvelle, j'avais fait nettoyer la coque lors de l'expertise et en deux mois et demi, elle était recouverte d'une belle couche d'algues de 2 cm... Rontudjuu!

Après avoir hissé le pavillon national, le pavillon de courtoisie et le fanion du BRYC, Bruxelles Royal Yacht Club, le voilier commençait une nouvelle vie. Le nouveau nom, en papier plastifié a été collé provisoirement. Oui, le voilier a été rebaptisé et non, nous ne pensons pas que cela porte malheur.

Nous sommes partis le lundi matin pour notre première étape, St Peter Port à Guernsey.  Avril 2011 a commencé sous l'influence de l'anticyclone des Açores: Le trajet s'est principalement fait au moteur, qui tourne comme une horloge avec un niveau de bruit tout à fait confortable. Vitesse? Mystère, l'hélice de loch pleine d'algues ne tourne pas ... 

Nous aurons un moment de vent qui permettra de constater que les voiles de série ont une coupe bien meilleure que ce que l'on aurait pu croire. Bonne nouvelle, mais nous verrons, plus tard, dans la brise lors des premiers tours de rouleau.


C'est Jacques qui sortant la tête de son livre va nous donner la phrase du jour à méditer:
'Exister est un fait, vivre est un art. Et le défi est de passer de la peur à l'Amour'

St Peter Port Guernsey:
Efficacité et précision Anglaise pour notre accueil et amarrage sur un ponton du port. Après avoir constaté que nous n'avons pas d'animaux à bord, nous recevrons une brochure sur l'île et des indications sur les facilités du port. De toutes façons nous partons demain matin à 7 heures, mais nous reviendrons cet été.

On tient un équipage par la nourriture, mais c'est l'équipage qui nous a préparé à tour de rôle différents plats délicieux: Pas de risque de mourir de faim à bord.

Le lendemain, 6 heures 30, réveil! et le vent souffle. La météo confirme les 6 bf dans le raz Blanchard, peut être plus au cap. J'ai bien hésité, cela nous démangeait, mais je me suis dégonflé... Nous ne connaissons pas encore le bateau, ses équipements, l'électronique, nous n'en avons pas fait le tour, nous découvrons, plutôt le faire dans un temps plus calme. Et voici donc une journée à passer dans cette étrange et merveilleuse île Anglaise.

Petit déjeuner full british à terre! Gonfler la nouvelle annexe Suzumar, installer le moteur Suzuki 6cv et à terre. Juste le temps de constater que le vendeur de Plaisance Diffusion à Bruxelles avait dit vrai. L'annexe déjauge très facilement à 1 ou 2 personnes avec ce moteur et encore, nous respectons le rodage.

A terre, premier carrefour, première surprise, ah, oui, ils roulent à l'envers. Nous avons trouvé notre petit déjeuner entre deux banques et nous avons passé ensuite une journée à bricoler, découvrir et ranger le voilier. Puis nous avons fait le tour de l'île en bus. Cette île plus habitée que prévu, offre des paysages magnifiques, de campagne et de criques pleines de rochers.

Et le lendemain à 7 heures, debout et départ, marée oblige. Bien sûr le vent est tombé. N'aurions-nous pas dû partir hier? Trop tard pour les regrets, moteur avec une belle houle de NW.


Le vent d'Est va se lever et nous aider à passer le raz en nous offrant un près bon plein puis, au cap, un calme plat. Puis avec une vitesse sur le fond de 11 nœuds nous continuerons au moteur jusqu'à Boulogne en faisant des quarts de deux heures car les nuits sont froides. 11 nœuds au début car un léger début de mal de mer m'a fait regarder les cartes de courant un peu trop globalement et notre vitesse fond descendra un temps à 0,5 à 1 Nd. Nous aurions peut-être dû nous arrêter six heures à Cherbourg.


Nous aurons droit à de belles journées ensoleillées et à une température entre 14 et 17 degrés dans le voilier. Les équipiers ont parlé d'une superbe nuit étoilée avec des étoiles filantes. Je ne l'ai pas trop vue occupé à tester les multiples touches et fonctions de l'électronique et à rechercher pourquoi le pilote automatique perd régulièrement le contact avec son compas et nous entraîne dans de grands cercles... Rien d'autre à signaler, si ce n'est le dysfonctionnement de la toilette arrière ... Rontudjuu, ce sera une de plus que je démonterai dans ma vie de marin, mais ce sera pour plus tard car il reste celle de l'avant.



Boulogne:
Nous arrivons vers 16 heures, juste avant la renverse du courant pour faire le plein de fuel. Mais la marina est en dragage, la pompe est fermée et il nous faut faire 2 km à pied pour en trouver une autre et ramener 20 kg de fuel qui ne sont sans doute pas nécessaires, mais la jauge est-elle bien indexée? Nous retiendrons surtout l'apéritif pris au soleil à une terrasse où nous ressentons un peu le mal de terre.



De retour à bord, nous versons le diesel dans le réservoir lorsqu'un Zodiac s’amarre à l'arrière: Douane Française. Les effets de l'apéritif aidant, je les accueille en leur présentant la couleur du diesel qui est conforme. Réponse: 'Le diesel c'est bon, voyons le reste'. Ils ne sont pas là pour rigoler, mais nous passerons un très bon moment avec eux.

Le reste, ce sont les papiers qui sont en ordre. Nous avions été survolés par un hélicoptère de la police et ils avaient remarqué que le nom du bateau était maquillé. J'aurais bien voulu obtenir la photo de l'hélico en souvenir, mais ce n'était pas prévu. Par ciel clair, nous l'avions vu mais ces hélicoptères  peuvent aussi filmer à l'infrarouge à travers les nuages et leur caméra voit les plus petits détails. Les 3 douaniers nous quitteront après avoir refusé (le chef surtout) notre petit calva.



Départ de Boulogne à 00:30. Nous serons retardés par les manœuvres d'une énorme drague à la sortie du port. Plusieurs bouées blanches nous barrent le chemin. Pourtant les feux de la drague sont clairs: Capacité de manœuvre réduite, mais pas de signaux indiquant un passage fermé ou ouvert. Or le plan d'eau est bouché! En approchant doucement, Manu, à la proue constatera que ces bouées non éclairées ne sont que des paquets de  mousse produits par la drague. En route donc vers la sortie. Et de nouveau cette étrange sensation de quitter la lumière et la civilisation pour s'enfoncer dans l’inconnu des ténèbres...



Nieuport:
J'ai toujours aimé ce trajet: Passer le cap Gris-nez, traverser le ballet des ferries de Calais, voir la couleur de l'eau qui change, découvrir la passe de Dunkerque éviter quelques autres paquebots, passer la frontière, remonter vers le large pour éviter les hauts-fonds et quelques épaves et enfin  Nieuport. Le vent s'est enfin levé vers 5:20 et nous a permis une belle navigation du travers au bon plein pour enfin entrer vers 11 heures, à la voile dans le port.
Cela faisait 12 ans que je n'avais plus navigué en Belgique.
Bonjour les bancs des Flandres avec votre eau d'une belle couleur sombre et boueuse. Heureux de vous retrouver.



Entrée à Nieuport